À chaque fin et début d’année revient le rituel des listes; chaque site, chaque blogue se soumettent à cet exercice ô combien périlleux, moi aussi, je ne déroge pas à la règle et je vais ainsi vous présenter 3 œuvres qui ont pour moi marqué le monde de l’édition du manga d’une manière ou d’une autre.

Cette année, trois de mes auteurs préférés ont fait parler d’eux, l’un d’eux en revenant avec une nouvelle série, un autre avec l’édition d’une série antérieure à ses succès populaires, et le dernier avec la publication d’une œuvre malheureusement inachevée.

Sunny de Matsumoto Taiyo

Rares sont les auteurs qui arrivent sans cesse à se renouveler, à nous surprendre, à nous émouvoir. Matsumoto Taiyo fait partie de cette espèce rare. L’auteur d’Amer Béton et du Samourai Bambou, nous revient cette année avec une œuvre intimiste et personnelle.

Sunny est le nom d’une voiture, elle est autant actrice que fil conducteur de l’histoire que Matsumoto nous convie à découvrir au grès de la lecture, elle ne sera pas seule puisque nombre de personnages, une galerie des plus atypiques, viendront compléter ce panorama. Je ne pourrais m’arrêter sur un seul d’entre eux tant leurs trajectoires vont se croiser, se télescoper, donnant ainsi naissance à un récit empreint de simplicité et de poésie.

Il est difficile de résumé Sunny, il est aussi difficile d’en faire une rapide esquisse, une seule chose est sûre, Matsumoto Taiyo n’a rien perdu de son talent de conteur, pour rendre compte de la place si spéciale que tient cette série dans l’œuvre de Matsumoto, il faut savoir que celle-ci est largement nourrie par les souvenirs d’enfance de l’auteur. Une œuvre original donc, autant dans son propos que dans son exécution puisque l’on retrouve le dessin si particulier de Matsumoto Taiyo, à ce titre pour les connaisseurs, on se rapprochera davantage du trait d’Amer Béton que de celui du Samourai Bambou.

Master Keaton de Urasawa Naoki

Il est toujours intéressant de découvrir les premières œuvres d’Auteur devenu culte. Master Keaton est une œuvre de jeunesse pour Urasawa, longtemps, celui-ci à dénigré ces travaux antérieurs à Monster. Master Keaton fait partie de ces oeuvres mésestimées par l’auteur lui même. Revenons sur l’histoire à proprement parler de Master Keaton.

 Taichi Hiraga Keaton, né de mère anglaise et de père japonais est diplômé d’Oxford. Ex-instructeur du S.A.S. Il enseigne également l’archéologie. Réputé chez ses pairs, autant universitaire que militaire, pour son opiniâtreté autant que pour sa débrouillardise, c’est tout logiquement que la Lloyds l’engage comme expert, s’ensuivront alors aventure et pérégrination qui l’amèneront à sillonner une bonne partie du globe pour le besoin de ses enquêtes, même, si dans un coin de sa tête, il n’oublie le mythe qu’il pourchasse depuis de nombreuses années.

L’intérêt de Master Keaton réside autant dans la qualité intrinsèque de la série, que dans le contexte de la création de cette oeuvre. Urasawa est devenu, un pour grand nombre de lecteurs, le maître du manga à suspense, et bien, c’est avec cette série que Urasawa fera ses classes. Dans Master Keaton, on peut déjà distinguer l’embryon de Monster, autant au niveau du dessin que des ressorts scénaristiques. Une œuvre tout simplement indispensable pour tout inconditionnel du maitre.

Opus de Kon Satoshi

Kon Satoshi grand nom de l’animation au Japon, à qui l’on doit notamment Perfect Blue, Paprika, et sa série animée Paranoïa Agent, a également fait du manga, trois œuvres ont été éditées à ce jour Kaikisen, Opus, Seraphim écrit avec Oshii Mamoru. C’est donc à titre posthume que nous découvrons Opus, puisque Kon Satoshi nous a quittés en 2010 emporté par un cancer.

C’est une œuvre qui n’a jamais été portée jusqu’à son terme.  On y retrouve le thème de prédilection de l’auteur, la confusion entre fiction et réalité. Opus nous conte l’histoire de Chikara, un mangaka en mal d’inspiration, qui se retrouve transporter dans l’œuvre sur laquelle il travaille. Il se retrouve alors confronté à ses personnages, dont le jeune Rin, qui contre toute attente ne veut pas du destin décidé par Chikara.

Ce manga de Kon Satoshi, même s’il reste inachevé un peu à l’image de Gringo de Tezuka Osamu, n’en reste pas moins une œuvre des plus intéressante, en effet, pour ceux qui ne le savent pas encore, Kon a été assistant sur la célèbre série Akira de Otomo Katsuhiro, on sent d’ailleurs dans le dessin de Opus une filiation directe avec le travail d’Otomo, Kon ne sait d’ailleurs jamais caché d’avoir été influencé par Dômu. J’invite donc tous ceux qui ne connaissent pas encore son travail, à découvrir l’héritage laissé par Kon Satoshi, un grand nom du manga et surtout de l’animation, encore trop méconnue.

J’espère que ces courtes descriptions aurons aiguisé votre curiosité, et si à l’avenir, l’envie vous prenez de commencer l’une de ces séries, je pense que vous ne le regretterez pas.

Nicolas Kiffer

                            

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