Monju, au service de la justice

Titre : Monju, au Service de la Justice
Auteur : Hiroki Miyashita

Avant tout, un peu de contexte :

Alex (commandant en chef de la section des mangas) m’a dit il y quelques jours que j’étais l’un des rares clients à attendre avec impatience les nouveaux volumes de Monju, au Service de la Justice. Ce qui suit est un bref aperçu de ce que vous manquez ainsi que quelques arguments en faveur de cet excellent manga. C’est une oeuvre qui est, en vertu du fait que presque personne ne s’y intéresse, gravement sous-estimée par le lectorat québécois.

Contexte :

Après un bogue qui causa la mort d’un criminel à Tokyo, Monju, le premier policier robotique déployé au Japon, se retrouve posté dans un petit village de campagne. Alors qu’il commence à évoluer au-delà des limites normales d’une intelligence artificielle, son passé reviendra le hanter… Heureusement, ses nouveaux amis l’aideront à traverser les mauvaises passes et à vaincre ses antagonistes.

Scénario :

Ce manga est un étrange mélange des styles «  tranche de vie », shônen et seinen. Monju, un simple automate au début du premier tome, commence rapidement à évoluer à mesure qu’il est confronté à de nouvelles situations. Il perçoit le monde comme le ferait tout bon automate, c’est-à-dire en termes d’absolus. Cependant, le génie des scientifiques qui l’ont conçu se met à transparaître lorsque le robot commence à s’intéresser aux « tons de gris ». Ainsi, Monju devient de plus en plus humain à mesure qu’il se questionne sur sa condition, sur celle de ses collègues et amis humains et éventuellement sur la nature des conventions sociales, de la justice et de l’humanité.

 PLanche MonjuLe tout est présenté dans un format sympathique de courts chapitres abordant un sujet avant de passer à autre chose pour laisser le lecteur réfléchir à ce qu’il vient d’apprendre. L’un des points forts du manga est qu’il moralise rarement, et chaque personnage évolue de manière différente après chaque chapitre, selon son caractère. Ainsi, le lectorat assistera à la maturation d’une poignée de personnages hétéroclites tels qu’un jeune policier pervers, une scientifique à la mèche courte, une jeune fille qui veut profiter au maximum de sa courte vie. Au centre de toutes leurs vies se trouve un robot qui perçoit toutes leurs interactions quotidiennes, qu’eux-mêmes considèrent banales, avec un émerveillement sans nom.

Le tout est bien exécuté et est toujours à l’arrière plan d’aventures cocasses qu’on peut apprécier sans avoir besoin de les analyser. Il y a également l’histoire principale qui prend de l’importance à des intervalles régulières, un complot mystérieux et tout à fait prenant (et frustrant puisqu’il est bien monté, mais ne risque pas de se résoudre de sitôt).

Média :

Ce Manga a, bien que ce ne soit pas évident dès le début, une ligne directrice et une histoire prenante. Les tomes sont jolis et semblent être de bonne qualité. Les dessins sont un des points forts de cette série, précis mais retenant tout de même quelques traits superflus, ou brouillons, qui leur donnent un air imparfait tout en restant très beaux et simples, au point où je me demande à quel point l’auteur traduit le sujet de son œuvre autant dans le dialogue et l’histoire que dans les dessins. Après tout, qu’un manga qui traite de la beauté, de la simplicité et de l’imperfection des gens et des vies qu’ils vivent soit illustré ainsi est soit un heureux hasard, soit la marque du génie de l’auteur. Évidemment, les dessins s’améliorent à mesure que la série avance, mais plutôt que de perdre de leur qualité rugueuse, ils la domptent. C’est difficile à expliquer, mais vous allez comprendre en comparant les premiers volumes aux plus récents.

Pour revenir au média, le manga offre aussi plusieurs histoires super courtes et humoristiques à chaque fin de tome, parfois inspirées d’évènements contenus dans le volume et parfois bien distinctes (bien que tout soit interrelié dans cette série, alors « distinct » ne veut pas dire grand-chose). La fin de chaque volume inclut un bref survol de l’action du volume suivant pour mettre le lecteur en appétit. Ma seule réserve est que les pages en couleur incluses dans la version japonaise sont en noir et blanc dans la version Big Kana. C’est dommage, vu les belles couvertures colorées des mangas, l’absence de pages en couleur est probablement une grosse perte.

Alexandre Gayk-Lemay

Remarque finale :

Si j’aime les mangas Slice of Life hybrides Shônen/Seinen, c’est à cause de titres comme Blood Alone, Chobits, Mushishi, Yotsuba&, Aria et Monju, au Service de la Justice.

1-Scénario (Total 5/6)
          a) Originalité : 2.5/3
         b) Exécution : 2.5/3
2-Média (Total 3.75/4)
         a) Graphisme : 3/3
         b) Extras : 0.75/1
Note Finale : 8.75/10
          +1 si vous aimez analyser ou relire vos mangas et apprendre à chaque fois
          -0.75 si vous avez de la difficulté avec le style de dessin

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